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Dans le cadre du programme scolaire de notre école ISEG Marketing & Communication School Bordeaux, nous avons pour mission de réaliser une interview dans une entreprise de notre choix, par groupe de deux. Nous avons donc choisi d’interroger Vianney Duclos, directeur de la Maison Badie à Bordeaux. Cette enseigne est réputée depuis 1880 dans le domaine des vins et spiritueux. Elle est divisée en deux boutiques : Badie Vin et Badie Champagne, qui se trouvent l’une en face de l’autre.

Votre stock est divisé en deux catégories : vins et spiritueux. De combien de références disposez-vous pour chacune d’entre elles ?
Il y a des notions qu’il faut bien intégrer. En ce qui concerne le vin, il est conditionné par des millésimés (année de fabrication d’un vin). En ce qui concerne les spiritueux, c’est de la production pure, ce qui entraîne derrière, des notions de merchandising. Il me suffit juste d’appeler mes fournisseurs pour avoir ce dont j’ai besoin et ainsi être livré le lendemain ; contrairement aux vins que je suis obligé d’acheter en primeur pour ensuite avoir le meilleur rapport qualité/prix et pouvoir les revendre par la suite. Je pense donc que l’on est aux alentours de 75% de vins pour 25% de spiritueux, puisqu’avec ces derniers, on peut travailler en flux tendu.
Pour le vin, nous avons la chance de disposer des vins du monde entier et c’est ce qui fait la particularité de la maison Badie. Il y a 132 ans, la maison Badie était une cave, certes, mais également une épicerie fine. Il y avait vraiment de tout (gibier, tabac, timbres). Dans l’esprit des Bordelais, nous sommes restés sur cette image là. On essaie d’avoir de tout, pas forcément toutes les appellations mais au moins ce qui se fait de mieux dans chaque région. On travaille sur la qualité et on essaie de tirer vers le haut sur la gamme et d’avoir le plus de choix possible.

Pour les vins et spiritueux, votre clientèle est-elle différente de celle des champagnes ?
Les étrangers ne sont pas notre principale cible. C’est amusant de voir qu’il y a des gens qui sont intéressés par la même chose ou par la même exception. Ils restent sur le même niveau de gamme que ce soit au niveau des champagnes, des alcools ou des Bordeaux. Il n’y a donc pas tellement de nuance. En revanche, il y a des fréquences d’achat différentes. En effet, la clientèle champagne va plus souvent venir acheter une bouteille de champagne qu’une bouteille d’alcool. Maintenant, on offre plus facilement du champagne que de l’alcool car  aujourd’hui il peut nuire à l’image de la société. Même si c’est un alcool de qualité, les gens ne le connaissent pas forcément. La culture sur l’alcool en France a nettement changé, on touche uniquement des élites ou des gens intéressés.

Est-ce que vous ressentez les effets de la crise dans ce domaine là ?
La crise a commencé en 2008 et je me suis dit : « c’est la crise, on va se ramasser » mais on a fait un record. En 2009, la queue de la crise, on a encore battu un record. 2010, encore un record et là 2011 encore un record. Oui, on a les effets de la crise au quotidien, les gens font attention, descendent d’un cran, notamment pour les vins. Ils n’achètent plus des vins aussi chers qu’avant mais préfèrent prendre plusieurs petits ou moyens vins plutôt qu’un grand. Nous vendons donc plus de bouteilles. Nous avons plus de fréquentation et finalement nous faisons plus de chiffre d’affaires. De plus, on a une superbe fidélité, on voit que les ventes descendent un petit peu en gamme mais que c’est rattrapé par la quantité et le nombre de clients qui achètent. Ainsi, à chaque fois, on bat des records.

Vos clients sont-ils plus intéressés par le vin bio depuis son émergence ?
Il y a eu une très grosse mode il y a deux ans : On ne veut que du bio ! C’est le conseil qui était important à cette époque. Un réel travail sur la vigne et le terroir a été fait depuis un moment ; et depuis qu’il y a de plus en plus de bio avéré qui sort, il y a un peu moins de demande. Je pense que pendant cette période de demande absolue sur le bio, où il fallait être tout bio, les vins qui étaient prêts n’étaient pas bons et maintenant, dieu merci, ça fait prendre conscience à tous les autres, qu’il pouvait y avoir du vin bio et bon, mais ça a mit un peu de temps à se mettre en place. La demande est moins présente maintenant. C’est un plus sur la vente quand même car les vignerons traitent nettement moins en général. Ça ne peut être que meilleur pour les vins et pour la santé en général.

Justine Tesseron, Étudiante en 2ème année à l’ISEG Marketing & Communication School

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nfos pratiques:

Vianney Duclos
Directeur des Magasins BADIE

duclos@badie.com

60-62 allées de Tourny
33000 Bordeaux

T. + 33 (0)5 56 52 23 72

F. +33 (0)5 56 81 31 16

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